Quelle trêve pour le conflit israelo-plalestinien ?

Quelle trêve pour le conflit israelo-plalestinien ?

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2017, le cabinet de sécurité israélien a déclaré qu’il retirait les portiques de sécurité mis en place à la suite de l’assassinat de deux policiers israéliens par trois arabes israéliens, le 14 juillet dernier.

Ces hommes ont été tués sur l’Esplanade des Mosquées (le Mont du Temple pour les juifs) dans la Vieille ville de Jérusalem-Est, territoire occupé par Israël depuis la fin de la Guerre des Six Jours en 1967. Les portiques de sécurité ont été installés à l’entrée de la Mosquée Al-Aqsa, considérée comme le troisième lieu saint de l’Islam. C’est à cet endroit qu’a été détruit à deux reprises, par les babyloniens puis les romains, le Temple de Jérusalem qui est considéré comme le premier lieu saint du judaïsme. L’Esplanade des Mosquées est donc un lieu ultra- sensible, par sa portée symbolique, d’un point de vue religieux et surtout territorial.

Suite à l’installation de ces portiques, les palestiniens ont réagi avec défiance et violence contre les forces de l’ordre. En effet, celles-ci ont interdit aux musulmans de moins de 50 ans l’accès à la Mosquée. Les gens ont donc décidé de prier dans la rue. Les palestiniens craignent que le gouvernement israélien gagne en souveraineté sur le lieu qui défini leur identité nationale alors que toute décision qui concerne la mosquée devrait faire l’objet d’un dialogue entre les Israéliens, les Palestiniens et la Jordanie, garante des lieux religieux musulmans. Le Waqf, l’organisation publique pieuse jordanienne gérant ces lieux, considère que les portiques de sécurité sont « une humiliation et une violation du status quo » visant à assurer la sécurité à cet endroit. Des affrontements entre les deux parties ont donc éclatés et plus d’une centaine de personnes ont été blessées. Dans un premier temps, Benyamin Nétanyahou est resté strict sur la décision du gouvernement en déclarant que « la police israélienne a été autorisée à assurer la liberté d’accès aux lieux saints tout en maintenant la sécurité publique et l’ordre. » Son homologue de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas a annoncé la fin des dialogues avec Israël. La diplomatie internationale a tenté de convaincre Israël de retirer ces portiques pour ne pas risquer d’avancer dans une crise qui pourrait ré- ouvrir une autre Intifada (littéralement « soulèvement ») comme ce fut le cas le 29 septembre 2000, au lendemain de la venue à la Mosquée Al-Aqsa de l’ancien Premier Ministre Ariel Sharon, créateur du Likoud, actuel parti politique de B.Nétanyahou.

Le gouvernement israélien a choisi de retirer les détecteurs de métaux pour apaiser les tensions. Mais les palestiniens ne sont pas tout à fait rassurés, puisqu’il est question d’installer dans le quartier de la Vieille ville des caméras de surveillance avancées. Bien qu’Israël ai accepté de retirer ces portiques, la philosophie du gouvernement n’en reste pas moins expansionniste. Depuis l’annexion de la partie est de Jérusalem et de la Cisjordanie par Israël en 1967, des territoires palestiniens ont été peu à peu colonisés suite à la construction de logements et de quartiers devenus juifs.

C’est une conquête morcelée qui continue donc avec une tentative de prise du Mont du Temple, qui est le lieu le plus symbolique pour assurer l’autorité israélienne dans la région et qui permettrait au gouvernement de faire de Jérusalem sa capitale effective, et non seulement théorique. Jérusalem a en effet été déclarée capitale d’Israël en 1980, mais l’ONU ne reconnaît pas cette annexion. « Une et indivisible » qualifiaient en 1980 une ville qui reste pourtant aujourd’hui gangrénée par son histoire.

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