Le photographe Reza et ses ateliers illuminent le Barrio 31

Le photographe Reza et ses ateliers illuminent le Barrio 31
Photographie : Reza, les photographes et les intervenants du projet présentent l’atelier aux jeunes de la Villa 31, 28/11/2018 – ElCarretero

 

Le photoreporter Reza Deghati a inauguré un atelier de photographie pour les adolescents de la Villa 31, le 28 novembre 2018. Le célèbre photographe franco-iranien intervient dans les endroits du monde les plus défavorisés afin de transmettre son amour pour la photographie, passion qui ne le quitte plus depuis près de 53 ans. Après avoir consacré sa vie à couvrir les conflits du monde, il se destine aujourd’hui à aider la jeune génération en développant des formations de photographie. Son engagement commence en 2009 et l’association “Les Ateliers Reza” est créée en 2014.

 

Une caméra pour la paix

“Les Ateliers Reza en quelques mots… Convaincu du pouvoir de l’image comme vecteur de changement social, le photojournaliste Reza a fondé l’association Les Ateliers Reza, afin de mettre en place des programmes de formation au langage de l’image. Ces ateliers sont destinés à des jeunes vivant dans des sociétés civiles endommagées telles que des camps de réfugiés, des bidonvilles, ou encore des banlieues de grandes villes, dans le monde entier (France, Kurdistan irakien, Mali, Italie, Argentine, …).

A travers la photographie, les jeunes apprennent à s’informer, s’exprimer et communiquer. Ces formations reposent sur une méthode pédagogique innovante et adaptée au contexte d’intervention: l’éducation visuelle informelle. Les jeunes formés deviennent alors des témoins actifs de la réalité qui les entoure. Ces ateliers donnent ainsi à des populations qui en ont besoin, les outils nécessaires à leur émancipation, leur permettant de développer une société civile solide dans un climat pacifique.”

C’est ainsi que se présente l’association. Son créateur nous explique que le but de cette initiative est d’accompagner les jeunes issus de milieux difficiles et de leur permettre de créer des liens sociaux. Ces relations sont, pour lui, la clé pour devenir acteur de la réalité sociale. C’est aussi un moyen d’émancipation pour ne pas rester dans un cycle intergénérationnel de vulnérabilité.

 

En Argentine et ailleurs

Ce n’est pas la première fois que l’association intervient en Argentine. Des cours avaient déjà été proposés aux jeunes de la Villa 21-24 et de Fuerte Apache l’année dernière. En collaboration avec l’université nationale Tres de Febrero et dans le cadre de BIENALSUR (la première Biennale d’Art Contemporain d’Amérique du Sud), 50 enfants de la villa ont pu exposer leurs photographies Plaza San Martin. Le résultat de ce workshop avait été exposé en France, au mois de septembre. Cette fois-ci, l’atelier a été organisé en collaboration avec l’Institut Français et le journal MundoVilla. L’association intervient dans un grand nombre de pays, auprès de cultures variées.

Dernièrement, Les Ateliers Reza ont fait étape à Malte pour la journée mondiale de l’enfance. Les enfants maltais se sont confrontés à l’analyse photographique. Une série de photographies prises dans un camp de réfugiés du Kurdistan irakien leur a été montrée, leur permettant d’appréhender la réalité de cette vie-là. Les ateliers sont très présents au Kurdistan irakien, région du monde déstabilisée par les nombreux conflits depuis des décennies. Reza a également beaucoup travaillé dans les pays du Moyen-Orient, comme l’Afghanistan, l’Azerbaïdjan ou le Liban.

 

Focus

Reza est connu pour ses images publiées dans le média National Geographic, avec lequel il travaille depuis 1993. Ce dernier lui a d’ailleurs remis le titre honorifique d’explorateur. Le photographe a en effet parcouru le monde toute sa vie, et s’est rendu dans plus d’une centaine de pays desquels il a ramené des millions de clichés. Architecte de formation, ce citoyen iranien apprend la photographie en autodidacte à partir de l’âge de 13 ans. Sa passion pour le journalisme s’accroît chez un adolescent contraint à la censure par les autorités de son pays. À 29 ans, il s’exile. Il obtiendra plus tard la nationalité française.

Humaniste, philanthrope et idéaliste sont trois adjectifs qui définissent le reporter. Face à un monde polarisé, ce dernier reste optimiste et continue à délivrer un message de paix partout où il travaille. Il croit en l’humain, en la beauté du monde et en la capacité de l’humanité à se dépasser. La photographie comme moyen d’expression et comme vecteur de partage apparaît comme un message d’espoir pour tous ces enfants issus de sociétés civiles fragilisées. Son message s’étend à l’art tout entier, il le défend comme étant un langage universel de l’âme humaine. La force d’une photographie ou d’une oeuvre est qu’elle peut, par son message, changer le regard d’un peuple tout entier. Une jeune fille du groupe de la Villa 31 est rassurée : “C’est bien, il faut rester optimiste, il y a de l’espoir !”

 

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