Patrimoine – El Ateneo Grand Splendid, la plus belle librairie du monde

Patrimoine – El Ateneo Grand Splendid, la plus belle librairie du monde
Photographie : La librairie El Ateneo Grand Splendid sur l’Avenida Santa Fe – ElCarretero

 

“L’Ateneo Grand Splendid est plus qu’une librairie. C’est une pièce d’histoire qui respire une nouvelle vie.” Telle est la conclusion de l’article mettant à l’honneur la célèbre librairie El Ateneo publié par National Geographic. Sur l’Avenue Santa Fe 1860, en plein Recoleta, cet ancien théâtre est devenu une librairie au début des années 2000. Elle est, selon le magazine, l’une des plus belles librairies du monde, si ce n’est la plus belle.

 

Architecture et littérature

La particularité de cette librairie est de ne pas en être une. Transformé en 2000, l’ancien Gran Splendid était auparavant un ciné-théâtre d’une capacité de 500 personnes qui accueillait ballets, spectacles et films. Emblème culturel du XXème siècle, ce monument historique a gardé l’architecture et le style qui l’ont fait naître. La construction de l’édifice commence en 1917 sur les ruines de l’ancien Teatro Nacional Norte. L’inauguration a lieu en mai 1919. Cette année, nous fêtons son centenaire. Les plans sont dessinés par les architectes Peró et Torres Armengol et la construction est prise en charge par Pizoney et Falcope. La coupole est peinte par l’artiste italien Nazareno Orlandi en 1919. Il s’agit d’une représentation allégorique de la paix au sortir de la Première Guerre mondiale.

Le Gran Splendid abrite également une salle d’enregistrement qui existe encore aujourd’hui mais qui reste fermée au public. C’est dans cette salle que Carlos Gardel enregistre ses chansons dès 1920. La Radio Splendid, qui émet toujours, commence à diffuser ses programmes à partir de 1923 depuis le ciné-théâtre. Cette radio fait partie intégrante de l’histoire de la radio argentine. Les premiers films sonorisés diffusés en Argentine l’ont été dans les locaux du Gran Splendid.

Tout est resté d’origine : la coupole, les sculptures, les balcons, le rideau, la scène. Rouge et dorée, la librairie n’en est pas moins restée un théâtre. Sur la scène, c’est un café qui prend place. Les lecteurs viennent y boire un submarino ou manger quelque chose en bouquinant. L’Ateneo n’est pas seulement une boutique où l’on peut acheter des livres : elle est aussi un espace de lecture où les enfants comme les adultes peuvent venir y découvrir et lire des livres.

 

El Ateneo en quelques chiffres

Buenos Aires est une des villes qui compte le plus de librairies au monde. Mais L’Ateneo détient à lui seul un certain nombre de records. Avec 700 000 exemplaires vendus par an et 120 000 livres dans son stock physique, c’est la librairie où l’on a le plus de chance de trouver ce que l’on recherche. Elle dispose d’une collection impressionnante, couvrant un panel de sujets large. Le sous-sol est consacré à la littérature junior, le rez-de-chaussée propose une collection de livres d’art, de photographie, de littérature classique et contemporaine et de philosophie. Au premier étage, il est possible de trouver des livres sur le sport, les animaux, les plantes, la médecine ou encore l’informatique. Au dernier étage, les rayons sont réservés à la vente de CD et de DVD.

Étendue sur 2000 m2, elle propose une collection de livres rares, dont 1200 de poésie, 4000 en langues étrangères (principalement en anglais) et 1000 de critiques littéraires. La librairie serait visitée par plusieurs milliers de personnes par semaine. Plusieurs médias locaux parlent de 2000 visiteurs par semaine, 3000 le week-end et environ un million chaque année. Il y a également plusieurs salles d’exposition.

 

La beauté de l’endroit en fait un lieu touristique de premier plan à Buenos Aires. La librairie avait déjà été mise en avant par le journal anglais The Guardian qui l’avait considérée comme la deuxième librairie la plus belle du monde en 2008. Plus récemment, lors de sa visite d’État dans le cadre du G20, le président Emmanuel Macron et son épouse étaient venus la visiter, rendant hommage à la littérature universelle et à Jorge Luis Borges. Ce n’est pas la bibliothèque de Babel, mais presque…

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