L’entreprise du mois – French Cookie, un repère de gourmands à Palermo

L’entreprise du mois – French Cookie, un repère de gourmands à Palermo
Photographie : Mat et Noé dans leur boutique French Cookie à Palermo – ElCarretero

 

Pour commencer l’année 2019, ElCarretero a décidé de mettre à l’honneur les entrepreneurs. Une entreprise ou un réseau d’entrepreneurs faisant partie de l’écosystème franco-argentin sera interviewé tous les mois. Pour janvier 2019, nous avons fait le choix de la gourmandise : les fondateurs de French Cookie, deux normands établis en Argentine depuis cinq ans, nous parlent de leur projet.

 

Bonjour Noé et Mat. Vous faites partie de l’équipe de French Cookie, une boutique de pâtisserie spécialisée dans les cookies que vous avez fondé ensemble et qui a ouvert depuis six mois. Pouvez-vous nous présenter French Cookie en quelques mots ?

Noé : French Cookie est une boutique de cookies gourmets d’inspiration à la française. Nous faisons de la pâtisserie et notre démarche est toujours d’allier le goût et l’esthétique. Pour nous, chaque cookie est unique !

 

Comment est née l’idée de se spécialiser dans les cookies ?

Noé : Nous sommes quatre personnes à avoir initié le projet. L’un des associés a fait beaucoup d’allers-retours en France à un moment donné et le concept de “maison du cookie” marche déjà très bien là-bas. On s’est dit “Il faut que l’on fasse ça ici !” C’était l’opportunité d’apporter quelque chose de nouveau et de développer une idée qui n’existait pas encore à Buenos Aires.

 

Quel a été le processus de création de votre entreprise ?

Noé : On partait déjà de l’idée de base de travailler sur un mono-produit, le cookie, et de le décliner en un maximum de saveurs. Dans un second temps, on s’est vraiment engagé dans l’idée d’en faire un “cookie de luxe”. Au début, on avait décidé qu’on vendrait ce produit par “delivery” donc on a cherché un local pour pouvoir produire et vendre en delivery. Cela s’est avéré plus difficile que prévu parce que si on veut juste produire, il faut un local très grand, beaucoup plus grand que le nôtre. On a commencé à chercher et on a trouvé celui-ci qui nous plaisait et on s’est dit que c’était dommage d’être dans une zone comme celle-ci et de ne pas ouvrir au public. Il a fallu réduire la cuisine que l’on ne voulait pas aussi petite à cause d’une norme qui nous oblige à avoir 16m2 devant. Il a aussi fallu rajouter des produits salés à la carte. Les normes dépendent de zones et dans cette zone on ne pouvait pas seulement faire de la pâtisserie. Il a aussi fallu demander une dérogation pour pouvoir installer une cuisine. On a réalisé une carte salée qui nous permet de diversifier nos produits. Le cookie reste le produit phare mais ce que l’on fait en salé déjà nous plaît et nous permet de réaliser des choses dans la même philosophie c’est-à-dire le maximum de fait-maison, on achète beaucoup organique. Finalement, dans le processus il y a eu des bonnes surprises car aujourd’hui je me verrais moins faire du “delivery” car c’est intéressant d’avoir le retour des gens.

 

À quels problèmes avez-vous été confronté ?

Mat : Les problèmes quand on parle de cuisine, ce sont les matières premières. Trouver ces matières premières à un prix correct et de bonne qualité est difficile, mais en cherchant on trouve toujours une solution, je pense notamment au beurre. J’ai changé plusieurs fois de beurre, idem pour les farines. J’avais trouvé une farine qui était super mais il y a eu des changements de prix affolants, elle s’est retrouvé à 200 pesos de plus le mois d’après. Même encore aujourd’hui, parfois c’est moi qui vais les chercher parce que soit on est pas livré soit il n’y a qu’un endroit qui fournit ce produit de qualité. Parfois même le fournisseur ne fait plus le produit et il faut chercher un autre endroit. L’idée est de garder la qualité des matières premières. Pour l’achat des produits, on a été assez malin et on a réussi à avoir des bons prix mais le problème a été de composer avec la petite superficie de la cuisine. Il existe une association de gastronomie française avec laquelle on échange beaucoup et où les gens partagent les bons plans et se prêtent du matériel quand il y a besoin.

Noé : La plus grosse difficulté a été la partie administrative et surtout les travaux. Il faut être là tout le temps. On a mis trois mois pour rénover 35m2. Ça prend du temps. Par exemple, faire venir une entreprise pour régler l’électricité a été long et ça nous a pris un temps fou. On nous dit “la personne passera entre lundi et mercredi.” Alors entre lundi et mercredi, on doit être là et attendre. On a pu ouvrir cinq mois après le début de la location.

Mat : Le côté administratif ça a été long car nous sommes étrangers. Alors il y a constamment quelque chose en attente, il faut aller partout, ça prend du temps. Parfois les institutions ne savent pas nous renseigner.

 

Quand avez-vous pu ouvrir et comment s’est passé l’ouverture de la boutique ?

Mat : Le jour même il y a eu du monde ! Il y avait tous les copains… (rires) On était un peu stressé, le magasin n’était pas comme il est aujourd’hui, il était un peu vide. On avait huit cookies différents et un croque-monsieur, trois jus à la carte. En l’espace d’un mois, on est passé à 13 ou 14 cookies, une salade, le magasin a changé aussi. Il n’y avait pas toute cette décoration, ni les meubles. Mais il fallait ouvrir.

Noé : Le premier jour ce qui était rigolo c’était la curiosité des gens qui habitent dans le quartier. Ce qui était drôle c’était les sons quand les gens voyaient les cookies, des “waaa”. (rires)

 

Comment s’organisent les différentes tâches au sein de l’équipe ?

Mat : Je m’occupe de la cuisine. On a réalisé un organigramme où chacun à sa place dans French Cookie. En fonction des compétences et du temps de chacun, on se divise les tâches. Noé s’occupe plutôt de la vente, de la tenue de la boutique, de la gestion et de la comptabilité. Elle passe aussi beaucoup de temps sur la communication, sur les réseaux sociaux. Je m’occupe plutôt du développement, des nouvelles idées, du commerce.

 

C’est quoi une journée type à French Cookie ?

Mat : On arrive et on ouvre vers 8h30. La première chose est de cuire les cookies de la journée et chacun s’organise en fonction de ses tâches. Je commence à produire et à m’occuper des achats, Noé reprend son travail de communication et de gestion. On continue chaque jour, on est un peu au bureau aussi dans notre cuisine. C’est notre seul espace dans lequel on fait tout. L’idée est aussi d’accélérer la machine, de se faire connaître au maximum par les réseaux sociaux.

 

Quelle est votre “French Touch” ?

Mat : C’est le coq ! (rires) C’est surtout d’avoir apporté la pâtisserie française dans un produit qui est américain à la base.

Noé : Il y a aussi beaucoup de réflexions sur la boutique. Les clients disent souvent que c’est beau et que c’est hyper bien pensé. Certains nous ont dit qu’à peine rentré dans la boutique, cela se voit que l’on est français. On est dans un esprit d’image de marque, notre designer a été très forte. Les argentins nous disent que c’est très français de penser la décoration.

 

Quels sont vos projets de développement pour l’avenir ?

Mat : Le développement serait d’avoir un second French Cookie pour le début d’année 2020. Si ce n’est pas le cas ce n’est pas grave, mais on aimerait trouver une façon d’ouvrir un deuxième point de vente. Ça peut être sous différentes formes, ça peut être un magasin avec un café plus grand avec des tables, dans un shopping, mais ce ne sera pas ce format-là. On ne sait pas encore pour la forme mais le fond y est. J’ai aussi en tête beaucoup d’idées de nouveaux cookies, c’est l’été, j’ai envie de faire de nouvelles recettes avec des fruits. J’aimerais aussi faire des formes de cookies différentes, mettre un Oreo dans un cookie, des choses comme ça. Les prochains produits seront sous différentes formes en développant l’idée de la pâte crue par exemple.

 

Quel conseil pourriez-vous donner aux jeunes entrepreneurs de l’écosystème franco-argentin ?

Noé : Il faut aller voir ceux qui ont déjà fait leur projet pour leur poser des questions et ne pas tomber dans des pièges comme “j’ai prévu tant pour ma société mais je vais payer le double parce que je ne me suis pas renseigné.” Les personnes qui sont ici depuis plusieurs années peuvent donner beaucoup de conseils. Ça nous arrive de parler avec des personnes qui ont un projet et en posant deux ou trois questions, on se rend compte que certains ne sont pas du tout renseigné. Il y a beaucoup d’associations qui existent et il y a beaucoup d’entraide. Seul, on perd du temps et des opportunités.

Mat : Pour moi, un français qui est là depuis un mois et qui veut monter sa société tout seul sans l’aide des autres, ça me paraît impossible. Sauf s’il a beaucoup d’argent et il va payer des choses qui pourraient être évitées, mais la première chose est de parler avec des gens, se faire des contacts utiles qui peuvent expliquer en français les démarches et le fonctionnement. Ici, il faut négocier aussi. Il ne faut pas se décourager.

 

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