Faut-il devenir végétarien ?

Faut-il devenir végétarien ?

Un mode de vie particulier est beaucoup abordé depuis quelques années dans les médias : le véganisme. Mais quelles différences y-a-t’il entre un végane, un végétarien et un végétalien ?

Le végétarisme est un régime alimentaire excluant toute chair animale (viande, poisson), mais qui admet en général la consommation d’aliments d’origine animale comme les œufs, le lait et les produits laitiers (fromage, yaourts), selon le dictionnaire Larousse. Le végétalisme exclut quant à lui tout produit d’origine animale. Le véganisme va plus loin encore : il se définit comme étant un mode de vie alliant une alimentation exclusive par les végétaux (végétalisme) et le refus de consommer tout produit (vêtements, chaussures, cosmétiques, etc.) issu des animaux ou de leur exploitation. Dans un contexte où l’agriculture et l’élevage sont de plus en plus industrialisés et où l’on se rend compte que les animaux ne sont pas toujours traités de manière éthique, faut-il alors choisir d’adopter une alimentation excluant tout produit provenant de cette industrie ?

Le végétarisme est une valeur importante que l’on retrouve dans la religion bouddhiste. Le principe fondamental du bouddhisme est “l’ahimsa”. Ce terme sanskrit signifie littéralement “non-violence” et par extension “respect de la vie”. Selon ce principe au coeur de la religion, il est donc préférable de ne pas tuer ni manger d’animaux. Il n’y a pas une vie plus importante que l’autre et l’attitude face à la vie doit suivre le principe de compassion. Cependant, il n’est pas obligatoire d’être végétarien lorsque l’on est bouddhiste dans la mesure où l’on ne choisit pas son accès à la nourriture. Cela est vrai dans certaines régions pauvres ou géographiquement contraignantes comme le Tibet ou la Birmanie par exemple. Le principe d’amour bienveillant envers soi-même qu’il faut pratiquer dans le bouddhisme propose de suivre un mode de vie sain et de se nourrir du strict nécessaire sans utiliser la nourriture comme un plaisir extravagant. Certaines religions comme le jaïnisme vont encore plus loin dans leur philosophie : l’homme fait corps avec l’univers et doit atteindre un état de pleine conscience. Certains moines portent un masque en coton pour ne pas inhaler d’animaux microscopiques et se déplacent en utilisant un balai pour ne pas écraser d’êtres vivants en marchant. L’alimentation des jaïns est très réglementée, les légumes qui poussent dans la terre sont prohibés car leur récolte pourrait blesser les êtres vivants présents sous la terre. Il est préférable de manger avant le coucher du soleil, l’obscurité ne rendant pas visible les insectes qui se poseraient sur la nourriture. Selon ces philosophies, on devrait se nourrir uniquement par nécessité et non par plaisir et ce en choisissant une alimentation saine.

Le véganisme est un mode de vie occidental proche des idées des religions orientales qui prend la forme d’un militantisme contemporain. Avec l’accès à l’information qui se démocratise, il y a une prise de conscience face à la manière dont la viande arrive dans nos assiettes. Les élevages (en batterie notamment) et les abattoirs ne traitent pas les animaux dans les conditions éthiques que l’on attendrait, c’est-à-dire en faisant en sorte d’offrir aux animaux un cadre de vie respectable et sans souffrance, comme l’ont montré les différents scandales liés aux abattoirs en 2017. L’élevage intensif est une des causes principales de la déforestation et de l’émission des gaz à effet de serre et se transforme en une industrie de masse qui ne considère l’animal que comme une marchandise. En 2017, le gouvernement français a publié dans des statistiques que le secteur agricole était responsable de 20% de l’émission de gaz à effet de serre en France. Le véganisme est non seulement un refus de consommer des produits animaux pour des raisons éthiques, mais aussi une façon de sortir de ce système d’exploitation industrielle des animaux. Par extension, c’est un mode de vie qui permet de repenser son rapport au corps à travers l’alimentation, les produits chimiques et la nature.

Cependant, la consommation de viande peut aussi être un choix de vie. Respecter la vie c’est respecter sa propre vie et donner à son corps les apports énergétiques dont il a besoin. Le grand débat porte justement sur la nécessité de la viande dans l’alimentation. Les protéines animales sont-elles indispensables ? Les protéines sont présentes dans les produits animaux et végétaux mais en plus faible quantité dans ces derniers. Ces molécules sont indispensables pour l’organisme, elles permettent d’entretenir la masse musculaire et d’apporter du fer, vital pour la santé qu’il faut donc aller les chercher dans l’alimentation. Les études réalisées sur la consommation de viande sont contradictoires, certaines affirment que ne pas manger de viande pour la santé est dangereux, d’autres pensent que manger de la viande peut s’avérer cancérigène. L’OMS  a publié un résultat de recherches défendant l’idée que la consommation de viande transformée et le risque de cancer colo-rectal sont liés. Cependant, cette même étude précise que “le risque de cancer associé à la consommation de viande rouge est plus difficile à estimer parce que les indications montrant que la viande rouge provoque le cancer ne sont pas aussi fortes.” Tout est à prendre avec mesure. Manger trop de viande n’est pas sain ni pour la santé ni pour l’environnement. Ne pas manger de viande peut aussi avoir des conséquences sur le corps. La consommation de viande est aussi culturelle voire traditionnelle. L’alimentation particulière à chaque pays est liée à son climat, à sa géographie et à la faune et la flore qui se développent dans ce milieu. L’alimentation est une réponse culturelle au besoin de se nourrir. Il faut souligner qu’adopter un régime végétarien ou végane impose un certain nombre de contraintes. Lorsque l’on consomme de la viande depuis toujours et que l’on a appris à manger ainsi, il faut réapprendre à structurer son alimentation. Cela demande un apprentissage et de maîtriser ses apports journaliers pour éviter les carences et les problèmes de santé. D’autant que beaucoup de pays ne consomment pas de la viande transformée et élevée dans le système industriel que l’on trouve dans les pays développés et vivent de l’élevage traditionnel. Il est possible de consommer de la viande issue d’élevages naturels dans les pays développés, à condition d’accepter de la payer plus chère. À savoir si manger de la viande est bien ou mal, il est difficile d’y répondre. Il n’en reste pas moins fondamental de choisir son alimentation et d’avoir conscience de ce que l’on mange.

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