Focus – “Là-bas mes petits yeux”, l’humour en noir et blanc de Guillermo Franco

Focus – “Là-bas mes petits yeux”, l’humour en noir et blanc de Guillermo Franco
Photographie : Extrait de l’exposition “Allí mis pequeños ojos” à l’Alliance Française de Buenos Aires – ElCarretero

 

“Il est des incidents fortuits et burlesques dont on ne se souvient que pour en rire.” Cette citation de Victor Cherbuliez illustre bien la magie de l’exposition photographique inaugurée le jeudi 13 décembre à l’Alliance Française. Humour et poésie se mélangent sur le parcours en noir et blanc du photographe argentin originaire de Córdoba, Guillermo Franco. L’exposition est visible jusqu’au vendredi 15 février 2019, à la galerie du premier étage.

 

Présentée sous la plume du photographe argentin Juan Travnik, cette exposition d’une soixantaine de photographies montre l’oscillation d’un photographe dans la vie quotidienne urbaine. Loin de la vitesse et de la frénésie du monde contemporain, l’artiste attend, compose, observe et cherche les scènes. Improbables, drôles, parfois enfantines, les photographies jouent sur les formes et les personnages qu’assemblent le hasard. Une marinière sur un passage piéton, un avion qui fait demi-tour, des jambes policières qui complètent deux portraits féminins sont autant de souvenirs aspirés pour faire rire les autres, ceux qui n’auraient pas vu. Juan Travnik parle d’espièglerie, il écrit :

 

“Guillermo Franco a une grande capacité, presque infantile, pour s’étonner et surprendre. Il capture rapidement des circonstances qui provoquent des sourires, par le contenu drôle ou ironique de l’anecdote, par les rencontres absurdes qui surgissent, spontanées, quotidiennement.”

 

Cinéphile, acharné, voyeur, joueur, cet ancien journaliste travaille aujourd’hui comme programmateur cinématographique au Cineclub Municipal Hugo del Carril. Il est aussi rédacteur et éditeur des revues Metrópolis et Dime que me amas, Cineclub! Après avoir étudié à l’École d’Arts Appliqués Lino Enea Spilimbergo et à la Filiale de Córdoba de l’École Argentine de Photographie, le cinéphile se lance dans la photographie de rue, rappelant les démarches de grands photographes du XXème siècle tels que Henri Cartier-Bresson, Robert Frank, Robert Doisneau ou encore Garry Winogrand. Dans un article publié par le journal LaVoz.com.ar en 2015, Guillermo Franco explique que :

 

“Les instantanés les plus merveilleux sont dans le quotidien de tous, si l’on y prête attention.”

 

Le titre de l’exposition, “Là-bas mes petits yeux”, est une référence au poète espagnol Federico García Lorca. C’est entre poésie, photographie et vagabondage que l’artiste nous invite à venir méditer au siège central de l’Alliance Française, avenue Cordobá : c’est un joli hasard.

 

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