Élections 2019, un calendrier chargé pour l’Argentine

Élections 2019, un calendrier chargé pour l’Argentine
Photographie : La Casa Rosada, siège du pouvoir exécutif argentin – ElCarretero

 

Drôle d’année pour l’Argentine. Après une 2018 économique, 2019 sera électorale. Malgré la forte polarisation du paysage politique, aucune prédiction n’est encore crédible sur l’identité du futur président qui sera investi à la Casa Rosada, début décembre 2019.

 

Un débat (déjà) musclé

L’année électorale s’annonce riche et décisive pour les principales forces politiques d’Argentine. Et l’enjeu n’est pas seulement présidentiel : gouverneurs, députés et partis jouent leurs places sur l’échiquier politique d’un pays déjà instable. D’un côté, le président en place Mauricio Macri et son parti Cambiemos visent la réélection après une année 2018 particulièrement agitée économiquement.

D’autre part, l’ancienne présidente de la Nation (2007-2015) et actuelle Sénatrice Nationale pour Buenos Aires Cristina Kirchner ambitionne un retour du péronisme au pouvoir via la coalition formée lors des législatives de 2017, Unidad Ciudadana. Même si elle bénéficie toujours de la ferveur populaire, Cristina Fernández de Kirchner a vu son image se fragiliser au cours d’une année secouée par le scandale des “Cuadernos de las Coimas”, énorme affaire de corruption révélée en août 2018.

Cependant, le paysage politique compte d’autres forces qui ont leur carte à jouer et qui pourraient proposer un changement de cap et une orientation autres que l’actuel schéma polarisé.

 

Un calendrier électoral étendu sur toute l’année

L’année 2019 ne sera pas uniquement une année présidentielle. Tous les deux ans, c’est aussi l’occasion pour le pays d’organiser un suffrage législatif en vue de désigner 130 députés dont le mandat s’étendra jusqu’en 2023. 24 sénateurs de huit provinces (Ciudad de Buenos Aires, Chaco, Entre Ríos, Neuquén, Río Negro, Salta, Santiago del Estero, y Tierra del Fuego) seront élus pour un mandat qui se terminera en 2025. 43 parlementaires pour le Mercosur seront également élus.

22 provinces voteront pour désigner leurs gouverneurs à l’occasion des élections générales dont les dates se croisent avec celles des primaires (PASO). Le 10 mars 2019, la province de Neuquén sera la première à choisir son gouverneur tandis que La Pampa aura déjà voté pour les PASO le 17 février. Ce sera la première date de ce calendrier annuel chargé.

Le journal argentin Clarin a mis en ligne un calendrier digital qui répertorie les dates connues des scrutins. La complexité de ce dernier repose sur le fait que le pays a prévu une date nationale pour les PASO et les élections générales qu’un certain nombre de provinces a préféré avancer pour ne pas interférer avec le scrutin présidentiel.

Parmi les dates importantes, on note le 22 juin qui correspond au dernier délai de dépôt des candidatures aux PASO ; le 12 juillet qui est la date officielle du début de la campagne électorale et le 11 août qui est la date nationale des PASO. Le 27 octobre, les argentins voteront pour choisir leur président. Dans le cas d’un second tour, la date électorale est prévue pour le 24 novembre.

 

Qui sont les candidats ?

Pour l’instant, aucun couple président/vice-président n’a été annoncé. Seuls certains prétendants au poste de président ont officialisé leur candidature qui sera d’abord soumise aux PASO. Cependant, parmi les trois partis les plus importants, seuls deux seront soumis à ce vote puisque le président Mauricio Macri sera candidat pour Cambiemos. Le Partido Justicialista et la branche Unidad Ciudadana, tous deux péronistes, se sont associés pour contrer le macrisme et le pouvoir en place. Les deux candidats les plus influents sont Cristina Kirchner et le finaliste de la dernière élection présidentielle de 2015, Daniel Scioli.

Quatre autres candidats se présentent pour le Partido Justicialista : Agustín Rossi, Député National pour Santa Fe ; ​Jorge Capitanich, Intendant de Resistencia-Chaco ; Alberto Rodríguez Saá, Gouverneur de San Luis ; Guillermo Moreno, ex Secrétaire au Commerce Intérieur (2006-2013).

Pour la coalition Alternativa Federal principalement représentée par des membres du Partido Justicialista, quatre candidats se départageraient les PASO : Miguel Ángel Pichetto, Sénateur National pour Río Negro ; Sergio Massa, ex Député National pour Buenos Aires (2013-2017) et leader de Frente Renovador ; Juan Manuel Urtubey, Gouverneur de Salta ; Roberto Lavagna, ex Ministre de l’Économie (2002-2005). Cette association politique péroniste cherche à se différencier du Partido Justicialista en donnant plus d’espace aux gouverneurs et se fonde sur une pensée progressiste éloignée du kirchnerisme.

Pour le parti politique Partido de los Trabajadores Socialistas (PTS), le représentant est Nicolás del Caño, 4ème à l’élection présidentielle 2015 avec 3,27% des voix.

D’autres partis, peut-être moins connus, se présentent également. Parmi eux, le Partido Socialista, la Red por Argentina ou encore Libres del Sur.

Des candidats indépendants se lancent dans l’aventure politique de l’élection présidentielle, comme l’économiste José Luis Espert, qui souhaite proposer une alternative au macrisme et au kirchnerisme, ou le Député National de Salta, Alfredo Olmedo. Difficile cependant, malgré les orientations idéologiques claires de tous ces acteurs, de connaître les programmes détaillés avant le début de la campagne officielle.

 

Que disent les sondages ?

Selon une enquête réalisée par l’entreprise PoliarquiaConsultores, et dont les résultats ont été analysés par différents journaux argentins, on observe que seuls 4% des votants pensent que Cristina Kirchner sera réélue en 2019. 74% des personnes interrogées pensent que Mauricio Macri sera réélu.

Il reste cependant très difficile de prédire l’issue de cette année électorale. Le président Macri a en effet connu sa période de plus basse popularité au mois d’octobre, juste après la seconde envolée du peso argentin au cours des mois d’août et de septembre. Même si certains sondages semblent pour leur part favoriser l’ex-présidente, il n’est pas exclut que la campagne arbore son lot de surprises. L’issue dépendra essentiellement de la politique de l’actuel gouvernement, à qui il reste tout de même plus de dix mois de mandat.

 

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