Que dit l’accord final signé par les membres du G20 ?

Que dit l’accord final signé par les membres du G20 ?
Image : Logo officiel du G20 Argentine 2018

 

“Construire un consensus pour un développement juste et durable”, tel est le titre du document signé par les pays du G20. Les vingt pays les plus influents du monde se sont réunis les 30 novembre et 1er décembre à Buenos Aires pour un sommet réussi. Aucun débordement n’a eu lieu et les dispositifs de sécurité ont été efficaces pour permettre à l’évènement d’avoir lieu. Le 31ème et dernier point du document remercie l’Argentine pour le succès de ce G20. Un tour de force matérialisé par les larmes de fierté du président Mauricio Macri, après le spectacle organisé au Teatro Colón.

 

Une issue positive

Ce n’était pas gagné mais les chefs d’Etat ont signé un accord de 31 points réunis sur six pages. Ils s’engagent sur une orientation commune concernant des thèmes comme l’irréversibilité de l’Accord de Paris, la restructuration de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), la lutte contre la corruption ou encore la priorité à l’égalité homme-femme. Le 5ème point résume cette volonté de coopération internationale :

 

“Nous renouvelons notre engagement à travailler ensemble pour améliorer la base des règles de l’ordre international (…) pour répondre à un monde qui change rapidement.”

 

Seuls les États-Unis maintiennent leur position, un pied en avant, un pied en arrière. Les pays ont reconnu que l’Accord de Paris sur le climat était irréversible, s’engageant à en mettre en oeuvre les exigences. La puissance nord-américaine fait objet d’exception dans le point 21, précisant que cette dernière “réitère sa décision de se retirer de l’Accord de Paris et affirme son engagement envers la croissance économique et l’accès à l’énergie et à la sécurité, en utilisant toutes les sources d’énergie et les technologies, tout en protégeant l’environnement.”

 

 

Education, commerce et corruption

Parmi les trois thèmes prioritaires choisis par le pays hôte, le “Futur de l’Emploi” a fait l’objet d’un intérêt particulier. Le point 7 évoque la volonté de mettre en place des actions pour “éradiquer le travail des enfants, le travail forcé, le trafic d’êtres humains et l’esclavage moderne dans le monde du travail.” Juliana Awada, la Première Dame d’Argentine, pense le futur du travail dès le plus jeune âge et notamment dans les pays en développement. Pour elle, il est important d’en finir avec le cycle intergénérationnel et structuré de la pauvreté.

 

“L’attention à la petite enfance est la meilleure manière de construire le futur.” Juliana Awada

 

 

La lutte contre la pauvreté et l’amélioration du marché du travail s’inscrivent dans une volonté de repenser le système économique international. Les membres du G20 souhaitent réformer l’OMC, qui n’atteint pas ses objectifs et pourrait, selon eux, mieux fonctionner. L’importance de maintenir un marché financier solide et stable a été soulignée. Cela est possible en “soutenant les petites et grandes entreprises, en continuant à développer l’intelligence artificielle, les technologies émergentes et les nouvelles plateformes de business.” (point 9) La nécessité d’une meilleure transparence du système financier a été évoquée, et ce en luttant contre la corruption. Un plan d’action 2019-2021 “promeut les principes de prévention de la corruption” et vise à minimiser les “conflits d’intérêts” dans le secteur public.

 

 

Egalité et santé

L’égalité des genres est également un sujet au coeur du document approuvé. Les pays ont reconnu l’importance de l’éducation des femmes, et de leur intégration sur le marché du travail et financier. Ils se sont engagés à favoriser l’accès aux femmes à des postes importants et à des secteurs qui restent largement représentés par des hommes. Parmi ces secteurs, sont privilégiés les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Il est dit dans le point 12 que l’accès aux femmes à des postes clés et influents est un fait “crucial pour la croissance économique et le développement durable.”

En ce qui concerne la santé, le G20 s’est tenu sur une date symbolique, le 1er décembre étant la journée mondiale de lutte contre le sida. Le thème de la sécurité alimentaire a retenu l’attention, et les états ont réaffirmé “leur engagement pour relever le challenge de la sécurité alimentaire, qui est crucial pour arriver à un monde libre de famine et de toute forme de malnutrition.” La santé passe aussi par “une planète saine” et les pays reconnaissent dans le point 19 “l’importance d’adopter des stratégies adaptatives, incluant des investissements dans les infrastructures” pour prévenir les catastrophes naturelles. Le G20 laisse la place à la COP24 polonaise qui permettra peut-être d’obtenir des plans concrets pour réaliser ces engagements.

 

Le document du G20 signé par les puissances (en anglais)

 

Le G20 se ferme donc sur beaucoup d’espoir et un consensus international qui a mis d’accord de nombreuses puissances en décalage. Cependant, l’application de la théorie reste toujours plus difficile à mettre en oeuvre que de beaux projets sur le papier. Optimisme donc, mais pas trop.

 

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