Venezuela, une guerre sans fin ?

Venezuela, une guerre sans fin ?

Au lendemain du référendum organisé par l’opposition, le Vénézuela s’endort dans une grève générale, qui vise à protester contre l’organisation de l’Assemblée Constituante convoquée par le président Nicolás Maduro, le 30 juillet prochain.

Ce référendum, à l’occasion duquel 7 millions de vénézuéliens ont voté en faveur de nouvelles élections anticipées, marque la confrontation croissante entre le Gouvernement du Venezuela et l’opposition à la tête du Parlement. Convoquer une Assemblée Constituante est, pour le pouvoir exécutif, une façon de réformer la Constitution de 1999, et donc de tenter de priver le Parlement de son pouvoir, acquis à l’occasion des élections législatives de décembre 2015. Le peuple vénézuélien a été appelé à voter et à faire grève afin de contester cette manoeuvre, en marge des manifestations où s’affrontent opposants et forces de l’ordre, et durant lesquelles une centaine de personnes ont déjà été tuées depuis le mois d’avril.

C’est une guerre de légitimité qui oppose donc les deux parties vénézueliennes. Le gouvernement et le Président Maduro refusent de prendre en compte les résultats du référendum qui montre que l’opposition vénézuélienne souhaite organiser des élections anticipées afin de constituer un nouveau gouvernement et de temporiser cette période d’instabilité politique et économique, durant laquelle le pays a connu une inflation de +1600%. L’opposition, elle, rejette l’Assemblée Constituante du 30 juillet, et le Parlement parle d’organiser un « gouvernement d’unité nationale ».

Le vice-président de l’Assemblée Nationale, Freddy Guevara déclare que les vénézuéliens ne « tomberont pas dans le piège d’une guerre civile » et qu’ils veulent « maintenir la pression sur le gouvernement pour qu’il respecte la Constitution. » Le Président américain Donald Trump a menacé le pays de sanctions si l’Assemblée Constituante se convoque. Propos qui ont profondément déplu au numéro 2 du gouvernement, Diosdado Cabella, qui déclare que ses hommes sont prêts à intervenir puisque « le chef de l’impérialisme est sorti attaquer le Vénézuela. » Il accuse les Etats-Unis de diriger l’opposition vénézuélienne.

Le monde se tourne donc vers Cuba, qui apparaît aujourd’hui comme le seul médiateur possible pour régler le conflit qui gangrène le nord de l’Amérique du Sud. Allié historique, le régime de Raul Castro est le seul qui puisse faire avancer les négociations, puisque les pays du Mercosur n’arrivent pas à trouver un compromis avec le Vénézuela, sinon en accueillant les milliers de réfugiés. Le triangle diplomatique qui existe cependant entre les Etats-Unis, Cuba et le Vénézuela est ambigu. En effet, les Etats-Unis menacent le Vénézuela de sanctions si la position du gouvernement ne s’adoucit pas. À cela, Nicolás Maduro s’affirme en tant qu’anti-impérialiste et refuse l’influence des Américains. La Havane, qui achète le pétrole vénézuélien, apparaît à la fois comme un allié historique et comme un acteur économique dépendant du pays. Seuls les Etats-Unis ont la capacité de maintenir l’économie cubaine en cas de rupture commerciale avec le Vénézuela. Même si les relations entre Cuba et les USA se sont apaisées, il reste évident que le Vénézuela demeure un partenaire nécessaire à l’île. Cuba a donc tout intérêt à parler avec son voisin pour pouvoir maintenir son économie, qui risque d’être elle aussi déstabilisée par cette crise qui commence à déferler sur toutes les côtes caribéennes. Il n’en reste pas moins triste de voir l’un des pays les plus riches du monde ne pouvant même plus offrir un sac de riz à ses citoyens.

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