Copa Libertadores 2018, une bombe monumentale pour la finale

Copa Libertadores 2018, une bombe monumentale pour la finale
Photographie : Couverture du journal El Gráfico du 6 juillet 1965

 

Le compte à rebours est lancé. Un tic-tac électrique et sous-jacent rythme le souffle des supporters argentins, depuis la classification de Boca Juniors pour la finale de la Copa Libertadores, le mercredi 31 octobre. Pour la première fois dans l’histoire de la prestigieuse compétition latino-américaine, la finale sera disputée par Boca Juniors et River Plate, rivaux invétérés du clásico le plus populaire d’Argentine. Très attendu à l’international, ces deux matchs inédits seront suivis par près de 1000 journalistes de 25 pays différents, selon le journal TodoNoticias. La première rencontre aura lieu le samedi 10 novembre à 17h et le vainqueur soulèvera la coupe le 24 novembre, à l’issue du second et dernier match.

 

Des résultats en faveurs des Xeneize

L’histoire donne l’avantage des résultats pour Boca Juniors, qui a gagné 74 fois et marqué 275 buts contre River Plate. Au contraire, le club rouge a gagné 65 fois et marqué 260 buts contre son adversaire. Il semble cependant que les pronostics pour cette finale soient incertains puisque le dernier superclásico a été remporté par River Plate, le 23 septembre dernier. Boca a perdu 0-2 à l’issue du match de Superliga. Les trois derniers superclásicos, tous disputés en 2018, ont été remportés par River Plate, qui gagne la finale de la SuperCopa Argentina 2-0 le 14 mars et un match amical le 21 janvier, suite à un but de Rafael Santos Borré. L’année 2017 n’a pas été plus favorable à l’équipe entraînée par Guillermo Scholetto, même si les deux équipes ont remporté 2 superclásicos chacune. Boca a remporté la coupe six fois tandis que River a été sacré champion trois fois dans son histoire. Bien que les derniers résultats semblent avantager River Plate, il reste difficile d’établir un pronostic sur l’identité du gagnant.

 

Un petit pas en arrière

22 décembre 1976. 27ème minute de la deuxième mi-temps. Rubén Chapa Suñé s’élance. Il tire un coup-franc qui se transforme en but et qui offre à Boca la victoire. Les jaunes et bleus gagnent le tournoi national et sont sacrés champions. Pendant plus de trente ans, et jusqu’au 14 mars 2018, où River a gagné la finale de la Supercopa Argentina, ce fut l’unique finale jouée entre les deux clubs. La date du samedi 24 novembre 2018 rentrera dans l’histoire du football argentin et viendra départager les deux sélections, qui ont à ce jour remporté une finale chacune. Ce duel exceptionnel se jouera à tour de rôle à la Bombonera et au Monumental, sans accès visiteur autorisé. Les vives tensions qui opposent les supporters pourraient dégénérer en violences, à cause desquelles 325 personnes ont été tuées en Argentine depuis 1922, selon l’association civile Salvemosalfutbol.org. Et pour cause, bien que ces violences ne concernent pas uniquement les deux finalistes, elles ont pour symbole la tragédie de la “Puerta 12”. Le 23 juin 1968, au stade de River Plate, 71 supporters de Boca Juniors meurent. 113 autres personnes ressortent blessées de l’avalanche humaine qui s’est déversée sur la porte 12, celle réservée au public visiteur, restée mystérieusement verrouillée. La cause de cet accident n’a jamais pu être établie.

Tragédie accidentelle ou criminelle, il n’en reste pas moins que les rivalités entre les deux camps sont exacerbées. L’histoire comme bagage, cela s’explique dès la naissance des deux clubs, dans le quartier de La Boca, le 25 mai 1901 pour River Plate et le 3 avril 1905 pour Boca Juniors. Fondés à l’ère du football argentin émergent, les deux clubs se sont construits en même temps que la ville. Le territoire urbain de Buenos Aires, subdivisés en quartiers, est une mosaïque de territoires identitaires distincts, et qui représentent des populations différentes. La rivalité entre Boca et River excède l’espace du terrain de football. Elle est le point d’interjection des rivalités sociales parfois extrêmes, qui sont des oppositions politiques, sociales, religieuses et territoriales. Le superclásico a la particularité d’être une rencontre qui fait vivre la compétition nationale et qui transforme le duo Boca-River en un binôme indissociable. L’un comme l’autre ont besoin de cet adversaire qui fait partie de l’histoire des deux clubs. En 2018, ils écriront ensemble le triomphe du football argentin en Amérique Latine.

 

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